La Thaïlande vient de franchir une nouvelle étape dans la simplification de son cadre pour les entreprises étrangères.
Une nouvelle réglementation, publiée au Journal officiel le 28 août 2026, supprime l’obligation d’obtenir une autorisation supplémentaire au titre du Foreign Business Act pour sept catégories précises de services.
Cette réforme est particulièrement intéressante pour les investisseurs étrangers, car elle réduit certaines procédures administratives et reconnaît que plusieurs activités sont déjà suffisamment encadrées par des lois et autorités sectorielles.
Mais attention : il ne s’agit pas d’une suppression du Foreign Business Act ni d’une ouverture générale de tous les secteurs aux étrangers.
Ce qui change
Le Foreign Business Act encadre toujours la participation étrangère dans de nombreuses activités en Thaïlande.
Certaines activités figurant notamment dans la liste 3 nécessitent normalement une Foreign Business Licence ou une Foreign Business Certificate, sauf lorsqu’une exemption spécifique s’applique.
La nouvelle réglementation retire désormais certaines activités de ce dispositif lorsqu’elles sont déjà soumises à une réglementation sectorielle suffisamment précise ou lorsqu’elles concernent notamment des services entre sociétés appartenant au même groupe.
L’objectif est donc principalement d’éviter une double réglementation et deux procédures administratives pour une même activité.
Les 7 catégories concernées
1. Télécommunications. Certains opérateurs de télécommunications bénéficiant d’une licence de type 1 et qui n’utilisent pas leur propre réseau sont désormais concernés par l’exemption.
2. Centres de trésorerie. Les activités de treasury centre bénéficient également de la suppression de cette autorisation supplémentaire.
3. Services entre sociétés d’un même groupe. Les services administratifs, de ressources humaines et informatiques fournis entre entités juridiquement liées sont concernés. C’est un point particulièrement important pour les groupes internationaux qui disposent de plusieurs sociétés en Thaïlande ou dans différents pays et souhaitent centraliser certaines fonctions administratives, informatiques ou RH.
4. Certains équipements de services pour les employés. La réglementation couvre également la location d’espaces limités destinés à certains équipements de services financiers électroniques ainsi qu’à des distributeurs automatiques ou machines de services automatisés destinés aux employés.
5. Garanties entre sociétés liées. Certaines garanties concernant des dettes nationales entre sociétés juridiquement liées bénéficient également de l’exemption.
6. Forage pétrolier. Certains services de forage pétrolier réalisés dans le cadre de contrats répondant aux conditions prévues par la législation thaïlandaise sur le pétrole sont concernés.
7. Valeurs mobilières et produits dérivés. La réglementation modifie également les exemptions concernant certaines activités liées aux valeurs mobilières et aux produits dérivés, notamment le courtage ou le conseil sur produits dérivés, certains gestionnaires de fonds et certaines opérations liées aux marchés financiers, aux prêts destinés à l’achat de titres et aux accords de pension sur titres.
Pourquoi cette réforme est importante pour un investisseur étranger
Le principal intérêt est la simplification. Lorsqu’une activité est déjà soumise à une autorité sectorielle et à une législation spécifique, le gouvernement considère qu’imposer en plus une autorisation au titre du Foreign Business Act peut créer une procédure redondante.
La réforme permet donc, pour les activités concernées, de supprimer cette étape supplémentaire, ce qui peut représenter un gain de temps, de coûts administratifs et de complexité pour certaines entreprises internationales souhaitant développer leurs activités en Thaïlande.
Mais il ne faut surtout pas comprendre que « les étrangers peuvent maintenant tout faire »
C’est probablement le point le plus important pour les personnes qui envisagent de créer une entreprise en Thaïlande.
La réforme ne supprime pas le Foreign Business Act et ne permet pas non plus à un étranger d’ouvrir librement n’importe quelle entreprise avec 100 % de capitaux étrangers. Les entreprises concernées restent soumises aux licences, aux conditions et aux contrôles imposés par les autorités compétentes dans leur secteur.
Autrement dit, une autorisation supprimée ne signifie pas que toutes les autres autorisations disparaissent. Le secteur d’activité, la structure de l’entreprise, la participation étrangère et les licences nécessaires doivent toujours être examinés avant de créer ou d’acquérir une société.
La Thaïlande attire de plus en plus d’investisseurs étrangers
Cette réforme intervient alors que les investissements étrangers progressent fortement. Entre janvier et juillet 2026, 736 entreprises étrangères ont obtenu une autorisation pour exercer leurs activités en Thaïlande, soit 26 % de plus que durant la même période de 2025. Les investissements déclarés liés à ces autorisations ont atteint 219,208 milliards de bahts.
La tendance est donc particulièrement importante : au moment où la Thaïlande simplifie certaines procédures, le nombre d’entreprises étrangères autorisées à investir et à exercer leurs activités augmente également.
Une politique qui cherche à attirer l’investissement sans abandonner le contrôle
Le gouvernement thaïlandais présente cette évolution comme une rationalisation des procédures plutôt qu’une ouverture sans conditions. L’objectif est de faciliter les investissements et les activités économiques lorsque celles-ci sont déjà suffisamment contrôlées par des réglementations sectorielles.
En parallèle, Bangkok continue de surveiller les structures destinées à contourner les règles de propriété étrangère, notamment les montages utilisant des prête-noms thaïlandais.
C’est donc une évolution à deux vitesses : davantage de facilités pour certains investissements étrangers légitimes, mais pas de disparition des contrôles.
Et pour quelqu’un qui veut investir en Thaïlande ?
Cette réforme constitue un signal intéressant. La Thaïlande cherche clairement à rendre son environnement économique plus attractif pour les capitaux étrangers, notamment dans les secteurs liés aux technologies, aux télécommunications, à la finance, aux services aux entreprises et à certaines activités industrielles et énergétiques.
Pour un investisseur étranger, le choix de l’activité et de la structure juridique devient donc essentiel. Selon le secteur, il peut exister des possibilités de détention étrangère importante, des exemptions spécifiques, des licences sectorielles ou encore des dispositifs de promotion de l’investissement par le Board of Investment.
Le BOI rappelle d’ailleurs que les projets bénéficiant de sa promotion peuvent ouvrir accès à différents avantages, notamment pour l’entrée et le séjour des investisseurs, dirigeants et spécialistes étrangers, ainsi qu’à certaines facilités concernant le travail et, dans certains cas, la détention de terrains nécessaires au projet. Il existe également des dispositifs spécifiques pour certaines catégories d’investisseurs et de professionnels étrangers, notamment le programme LTR et le SMART Visa selon le profil et le projet.
Autre point important : investir ne signifie pas automatiquement pouvoir travailler
Créer ou détenir une entreprise en Thaïlande et avoir le droit d’y travailler sont deux questions différentes. Le guide officiel du BOI rappelle que la plupart des étrangers qui travaillent en Thaïlande doivent disposer de l’autorisation de travail appropriée, avec des règles spécifiques selon la structure et l’activité de l’entreprise. Pour les projets bénéficiant d’une promotion BOI, certaines procédures concernant les investisseurs, dirigeants et travailleurs étrangers peuvent toutefois être facilitées.
Il faut donc regarder l’ensemble du projet
Pour quelqu’un qui envisage réellement d’investir en Thaïlande, il ne suffit pas de demander « puis-je être propriétaire à 100 % ? ». Il faut regarder au minimum :
- l’activité exacte de l’entreprise
- le pourcentage de capital étranger possible
- l’application éventuelle du Foreign Business Act
- les licences sectorielles nécessaires
- les conditions du BOI si le projet peut bénéficier d’une promotion
- les règles concernant le travail et les visas
- la fiscalité
- les obligations comptables et administratives
- les règles concernant les transferts de capitaux
- et surtout la structure réelle de propriété et de contrôle de l’entreprise
La Thaïlande devient donc progressivement plus attractive pour certains investisseurs étrangers, mais elle reste un marché où la structure juridique doit être étudiée avant d’investir.
Avis Bonjour Thaïlande
Cette réforme est une bonne nouvelle pour les investisseurs étrangers concernés, mais il faut éviter le raccourci « la Thaïlande ouvre son marché aux étrangers ». Ce qui change réellement, c’est que certaines activités bénéficient désormais d’une exemption supplémentaire du Foreign Business Act parce qu’elles sont déjà encadrées par des réglementations sectorielles ou parce qu’elles concernent certaines relations entre sociétés liées.
Pour un entrepreneur étranger qui souhaite venir en Thaïlande, le message est néanmoins intéressant : le pays cherche à réduire les lourdeurs administratives et à attirer davantage d’investissements, tout en maintenant des règles strictes dans les secteurs sensibles.
Et avec 736 entreprises étrangères autorisées entre janvier et juillet 2026 et 219,208 milliards de bahts d’investissements déclarés, la Thaïlande montre clairement qu’elle veut continuer à attirer les capitaux internationaux. Pour ceux qui envisagent sérieusement de créer une entreprise ou d’investir en Thaïlande, cette évolution mérite donc d’être surveillée de très près.
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