Balançoire Thaïlande

Les expatriés quittent-ils la Thaïlande en 2026 ?

Depuis plusieurs mois, de nombreux témoignages circulent sur les réseaux sociaux affirmant que de plus en plus d’étrangers quittent la Thaïlande. Hausse du coût de la vie, évolution des règles sur les visas, fiscalité, ralentissement de certaines activités économiques ou simple effet de perception : la question revient régulièrement, mais qu’en est-il réellement ?

À ce jour, aucune statistique officielle ne démontre un départ massif des expatriés installés en Thaïlande. En revanche, les professionnels de l’immobilier, les spécialistes de l’expatriation, les chefs d’entreprise et de nombreuses communautés d’étrangers constatent une évolution du profil des expatriés et des raisons qui poussent certains à repartir. La réalité est donc bien plus nuancée qu’un simple « exode ».

Coût de la vie, visas et fiscalité

La première raison évoquée est l’augmentation du coût de la vie : si la Thaïlande reste généralement plus abordable que de nombreux pays occidentaux, les dépenses ont fortement augmenté ces dernières années, notamment à Bangkok, Phuket, Pattaya et Koh Samui. Les loyers dans les quartiers les plus recherchés, les écoles internationales, les assurances santé et de nombreux services coûtent aujourd’hui bien plus cher qu’auparavant.

Les propriétaires de petites entreprises sont également confrontés à une hausse des charges, tandis que la concurrence s’est intensifiée dans plusieurs secteurs comme la restauration, le tourisme et l’hôtellerie. Les règles concernant les visas et les séjours de longue durée ont aussi évolué, avec des contrôles renforcés sur les séjours prolongés : il devient désormais indispensable de disposer d’un visa correspondant réellement à sa situation.

Le marché du travail est lui aussi devenu plus compétitif, avec une demande concentrée sur les profils très qualifiés dans les nouvelles technologies, l’ingénierie, la finance ou la cybersécurité. La fiscalité fait également partie des préoccupations de certains expatriés, dont les évolutions récentes des règles amènent plusieurs résidents étrangers à revoir leur organisation financière.

Retraite, famille et nouvelles destinations

Pour de nombreux retraités, la hausse du coût des assurances santé constitue un facteur important : avec l’âge, les cotisations peuvent fortement augmenter, ce qui conduit certains à envisager un retour dans leur pays d’origine. Les raisons familiales expliquent aussi une partie des départs, certains expatriés souhaitant se rapprocher de leurs enfants ou petits-enfants après plusieurs années d’expatriation.

Parallèlement, certains expatriés choisissent aujourd’hui d’autres destinations asiatiques comme la Malaisie, le Vietnam, l’Indonésie ou les Philippines, à la recherche d’un coût de la vie différent ou d’une fiscalité plus avantageuse. Cela ne signifie pas que la Thaïlande perd son attractivité, mais que la concurrence entre destinations d’Asie est devenue plus importante.

La Thaïlande continue pourtant d’attirer

À l’inverse, la Thaïlande continue d’attirer chaque année de nouveaux résidents étrangers. Retraités, entrepreneurs, investisseurs, télétravailleurs et familles internationales continuent de choisir le royaume pour son climat, ses infrastructures modernes, la qualité de ses hôpitaux privés et sa position stratégique en Asie du Sud-Est. Le développement du télétravail a également créé une nouvelle génération d’expatriés plus mobiles, tandis que des villes comme Chiang Mai ou Hua Hin attirent de plus en plus ceux qui recherchent un cadre plus calme et abordable.

Au final, la question n’est donc pas de savoir si les expatriés quittent la Thaïlande, mais plutôt de comprendre pourquoi certains repartent alors que d’autres continuent d’arriver chaque année. Réussir son installation demande désormais une préparation plus sérieuse, un projet solide et une bonne connaissance des règles administratives.

Source : analyse Bonjour Thaïlande réalisée à partir d’informations publiques des autorités thaïlandaises et des tendances observées sur les marchés de l’immobilier, de l’emploi et de l’expatriation.